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Chaleur renouvelable

Chaleur renouvelable

CONTEXTE

  • En décembre 2019, le PWEC 2030, contribution de la Wallonie au PNEC 2030, avait surtout mis en avant un objectif de décuplement des pompes à chaleur entre 2015 et 2030.
  • En novembre 2020, une mise à jour de la Stratégie wallonne de rénovation a estimé à environ 40% les économies d’énergie réalisables dans le secteur résidentiel d’ici 2050, tout en tablant, dans le secteur tertiaire, sur des bâtiments essentiellement neutres en carbone d’ici 2040.
  • Dans le cadre de la mise en œuvre de l’article 14.1 de la directive 2012/27, l’ICEDD a livré à Bruxelles Environnement, en 2021, une étude sur le potentiel en matière d’efficacité et de chaleur et de froid durables en RBC dont il ressort que, même en mettant résolument en œuvre sa stratégie de rénovation à l’horizon 2050 (ou « Stratégie Rénolution ») la Région peut tout au plus espérer diminuer les besoins en chaleur de son patrimoine bâti d’environ 37%.
  • En décembre 2020, le Parlement wallon a voté un nouveau Décret PEB portant surtout sur l’intégration des renouvelables dans les nouvelles constructions et les rénovations profondes.
  • Un Décret Sous-Sol visant notamment à encadrer les géothermies de faible et de grande profondeurs et le stockage géologique de chaleur et de froid est en préparation, de même qu’une étude concernant précisément le potentiel de la Région en matière de géothermie peu profonde.
  • Il est depuis longtemps question en Wallonie, d’une actualisation de la stratégie biomasse-énergie

ENJEUX POUR LE SECTEUR

  • Une amplification rapide et significative de la transition énergétique dans le domaine de la chaleur, s’appuyant notamment sur une sortie progressive des systèmes de chauffage recourant aux combustibles fossiles.
  • La mise en place d’un mécanisme de soutien spécifique pour toutes les sources de chaleur verte et les réseaux de chaleur, tenant compte des investissements de départ généralement élevés requis et des temps de retour sur investissement difficilement conciliables avec les impératifs de rentabilité à court terme des institutions financières et des porteurs de projet privé.

POSITIONNEMENT D’EDORA

Après avoir été consultée une première fois informellement par le SPW Energie en avril 2021 sur l’avant-projet de décret sur les ressources du Sous-sol (c’est-à-dire sur l’exploration, l’exploitation et la « post-gestion » des sites de stockage géologique de chaleur ou de froid, des gîtes de géothermie profonde et peu profonde aux fins de production d’énergie), EDORA a été à nouveau consultée à ce sujet par la Ministre de l’Environnement, en charge de ce dossier au sein du Gouvernement wallon. Nous avons pu constater à cette occasion que plusieurs de nos recommandations antérieures ont été prises en compte, comme :

  • le plafonnement des contributions éventuelles de la géothermie profonde au « Fonds budgétaire commun de garantie pour la réparation des dommages liés à l’exploitation des ressources du sous-sol »,
  • et la prise en compte des gîtes géothermiques dans l’élaboration des futurs plans stratégiques de gestion des ressources du sous-sol.

EDORA continue d’insister :

  • pour que la géothermie soit complètement exonérée de toute contribution financière aux communes,
  • pour que la géothermie de surface (capteurs horizontaux ou « en corbeille ») soit plus clairement dispensée de toute contrainte inutile, fût-elle d’ordre administratif.

Pour accélérer la transition énergétique, EDORA recommande également aux Gouvernements régionaux d’ajouter aux normes d’intégration des renouvelables et aux mécanismes de soutien en passe d’être réformés, un calendrier de sortie progressive des systèmes de chauffage fossiles, un gel de l’extension des réseaux de gaz naturel et un encadrement de la publicité et des offres de raccordement au rabais des GRD et des fournisseurs de chaudières à combustibles fossiles.

PERSPECTIVES ET PLAN D’ACTION

  • Dialogue régulier avec les Ministres wallon et bruxellois de l’Energie et leurs Cabinets, au sujet de leurs plans de sortie des systèmes de chauffage recourant au charbon et au mazout, mais également au gaz.
  • EDORA suivra attentivement la finalisation et la mise en œuvre de la Stratégie Biomasse-Energie annoncée par le Ministre wallon de l’Energie.
  • Jusqu’il y a peu, la Région de Bruxelles-Capitale ne semblait guère compter sur la biomasse-énergie pour assurer la décarbonation de ses futurs besoins en chaleur, car elle espérait diviser la consommation énergétique de ses bâtiments résidentiels par trois d’ici à 2050 et comptait essentiellement sur les pompes à chaleur et sur la chaleur issue de l’incinérateur, du canal et de la géothermie pour satisfaire ses besoins résiduels. EDORA a toujours estimé qu’il était prématuré de renoncer dans ce cadre à la biomasse-énergie, notamment dans le cadre du développement d’installations collectives de cogénération.
  • Pour l’ICEDD, les principales sources de chaleur verte à privilégier en RBC sont effectivement l’électricité verte, le biométhane, peut-être certains gaz de synthèse et le bois-énergie, sous certaines réserves ; La géothermie de faible profondeur et l’aquathermie semblent également présenter un réel potentiel, mais les incertitudes qui caractérisent les forages (environ 20% de forages peu concluants) nécessiteraient la mise en place d’un mécanisme de mutualisation des coûts en cas d’échec.
  • EDORA recommandera au Gouvernement bruxellois d’inclure dans sa nouvelle Stratégie Chaleur verte :
    – un inventaire détaillé des gisements de biomasse locale pertinents disponibles et mobilisables,
    – la promotion active du bois dans la construction, vu les synergies qu’il présente plus généralement avec le bois-énergie.