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Bilan 2020 et perspectives 2021

Bilan 2020 et perspectives 2021

BILAN 2020

L’année 2020 et le début 2021 ont été marqués par différents changements fondamentaux de contexte pour la fédération :

  • Comme au niveau régional en 2019, les négociations en vue de former un nouveau gouvernement fédéral ont permis à EDORA d’alimenter les réflexions de la future majorité afin d’inscrire certaines des propositions fondamentales d’EDORA dans ses priorités énergétiques pour la nouvelle législature.
  • La Belgique aborde la dernière ligne droite dans la perspective du respect de l’échéancier de sortie du nucléaire. Plus que jamais, le rôle d’EDORA est fondamental afin de placer la transition énergétique au cœur de ce débat et faire en sorte que les décisions prises répondent aux enjeux climatiques, économiques et de sécurité d’approvisionnement tout en accélérant la mise en place d’un système énergétique durable.
  • Différents niveaux de pouvoir se sont lancés dans un processus de révision à la hausse de leur niveau d’ambition climatique (nouveau cadre européen, nouveaux engagements fédéraux et processus de révision du PACE2030 wallon) offrant ainsi un cadre permettant l’accélération de la transition énergétique.
  • Les différents niveaux de pouvoir réfléchissent à adapter les stratégies et niveaux de soutien aux énergies renouvelables via une adaptation de certains mécanismes existants (révision en cours du mécanisme de soutien CV en Wallonie), une aide ponctuelle à certaines filières émergentes (via le plan de relance), un nouveau cadre ou une stratégie de soutien sectoriel (nouvelle stratégie Réseaux de chaleur en Wallonie) ou encore via des soutiens indirects et/ou alternatifs (appel d’offre, approche par gamme de technologie,…).
  • La crise sanitaire du Covid-19, qui a continué à toucher la Belgique en 2020, a permis de rappeler que notre secteur est considéré comme faisant partie des « services nécessaires à la protection des besoins vitaux de la Nation». Cette crise constitue également un incitant pour baser une partie de la relance économique du pays sur un modèle énergétique plus durable et décentralisé, accélérant la lutte contre les changements climatiques, vecteurs potentiels de nouvelles crises sanitaires.
    Ce contexte particulier a naturellement influencé le travail au quotidien de la fédération, détaillé dans ce rapport annuel. En outre, l’équipe d’EDORA a encore été amenée à évoluer durant l’année 2020 et une priorisation particulière de certains dossiers a dû être effectuée durant quelques mois.

Les principales thématiques qui ont été traitées et instruites en 2020 / début 2021 portent sur :

Intégration des recommandations politiques d’EDORA dans les priorités énergétiques fédérales pour la nouvelle législature (Déclaration de politique générale) : début 2019, EDORA avait proposé dans son mémorandum pour les élections 2019 une cinquantaine de recommandations politiques majeures afin d’alimenter la réflexion des futurs gouvernements pour négocier au mieux le virage de la transition énergétique tout en apportant une réponse aux enjeux climatiques de plus en plus criants. En 2020, EDORA a décliné ces recommandations en propositions de mesures prioritaires pour le futur gouvernement fédéral et a ainsi pu convaincre les différents partis politiques d’intégrer une série de propositions du secteur des énergies renouvelables dans leurs priorités en matière de politique énergétique. La fédération a ensuite eu l’occasion de rencontrer les partis politiques francophones afin d’alimenter directement le contenu de la future déclaration de politique générale du gouvernement fédéral. EDORA a ainsi pu se réjouir de la volonté du nouveau gouvernement fédéral de revoir à la hausse les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de production d’énergie renouvelable, d’élaborer une stratégie énergétique à court terme coordonnée avec les régions, de favoriser le développement renouvelable sur tout le territoire, de raccourcir les délais de procédure au Conseil d’état ainsi que de lancer une large réforme fiscale soutenant ses ambitions climatiques et environnementales.

EDORA a ensuite assuré, et assure toujours, le suivi de la mise en œuvre des engagements régionaux et fédéraux avec les Ministres de l’Energie en initiant la prise de mesures concrètes. Une liste des principales mesures politiques prioritaires et urgentes a été élaborée et présentée aux différents ministres concernés. Elle sert de base à une évaluation continue des actions gouvernementales et permet également d’alimenter les travaux parlementaires afin de générer une dynamique vertueuse de prise de mesures nécessaires à la transition énergétique.

Afin d’asseoir sa place d’interlocuteur incontournable du secteur de l’énergie, EDORA a continué à affiner sa vision énergétique et prépare l’élaboration d’une nouvelle analyse originale du potentiel de flexibilité du secteur électrique belge avec une vue sur les potentialités intersectorielles. Cette étude permettra d’alimenter la réflexion de la fédération dans le cadre des débats en matière de sécurité d’approvisionnement (CRM, sortie du nucléaire, montée en puissance des renouvelables variables,…).

L’évolution à court, moyen et long termes des mécanismes de soutien aux renouvelables : EDORA continue à plaider pour un soutien prévisible et suffisant ne générant pas d’effet d’aubaine. A moyen et long termes, EDORA s’inscrit dans le concept d’une économie décarbonée compétitive sans subside. Pour ce faire, une tarification carbone incitative permettant d’internaliser les externalités de toutes les sources d’énergie devrait enfin rendre les filières renouvelables plus compétitives et éviter un recours au mécanisme de soutien. A plus court terme, EDORA a relayé avec fruit les préoccupations et demandes des acteurs du secteur, notamment en matière d’adaptation des niveaux de soutien et de taille des enveloppes de CV (élargissement ponctuel). EDORA a également participé aux consultations relatives au mécanisme de prolongation, au facteur Rho et à la future méthodologie de soutien avec, comme préoccupation principale, le maintien de la sécurité d’investissement requise pour un développement accéléré de la transition énergétique. Par ailleurs, EDORA a également alimenté les réflexions quant à la mise en place d’un CRM, en insistant pour que ce mécanisme constitue une opportunité pour les technologies de la transition énergétique durable (stockage, DSR,…).

Vers une tarification plus intelligente : via sa participation aux consultations de la CWaPE et au sein du Conseil des Usagers à Bruxelles, EDORA a plaidé pour la mise en place d’un modèle tarifaire qui incite à la gestion intelligente des réseaux et qui permette le développement d’un marché de la flexibilité (production, demande, stockage).

Communautés d’énergie renouvelable (CER) : dans le cadre du rôle de plus en plus important que seront amenées à jouer les communautés locales d’énergie dans la transition énergétique, EDORA a plaidé pour une mise en œuvre rapide du régime des CER, tout en insistant sur l’importance d’éviter trop de lourdeurs administratives et de prévoir également un régime qui concernerait les consommateurs résidentiels.

Appel à l’établissement d’un cadre de développement pour les filières renouvelables : afin d’optimiser l’exploitation des bioénergies en Wallonie, EDORA estime fondamental que la région se dote d’une Stratégie wallonne « Biomasse-Energie » cohérente et incitative (inventaire des gisements, stratégie de déploiement, activation d’un soutien adéquat et promotion active du bois dans la construction en synergie avec le bois-énergie) et d’un cadre de déploiement pour les unités biogaz. EDORA propose aussi l’élaboration d’un cadre de développement du PV industriel et commercial basé, notamment, sur un soutien adéquat (avec une approche et un taux d’octroi spécifiques pour les grands systèmes) et une optimisation des possibilités d’autoconsommation, ainsi qu’un cadre permettant le déploiement, quand c’est possible, de l’agrivoltaïsme. En éolien, EDORA a appelé à la relance d’un processus de « Pax Eolienica » visant à encadrer la libération et la clarification des contraintes persistantes à l’installation en Wallonie.

Vers une sécurisation juridique accrue du secteur éolien et l’utilisation des meilleures techniques disponibles : EDORA a initié un appel commun avec d’autres acteurs économiques majeurs afin de réduire les délais de recours en annulation au Conseil d’Etat. Cette demande figure désormais dans les engagements de la nouvelle majorité fédérale. EDORA a également développé un guide de bonnes pratiques sur les permis, basé sur la jurisprudence du Conseil d’Etat, à l’attention des membres. EDORA a aussi obtenu que le nouveau Gouvernement wallon s’engage à installer les meilleures technologies disponibles (éoliennes de plus grandes tailles) et EDORA propose ainsi d’adapter les critères de distances aux zones d’habitat.

Déploiement des réseaux de chaleur : EDORA a lancé, par l’organisation de deux évènements relatifs au développement des réseaux de chaleur, une réflexion visant à mettre en place un cadre de soutien au déploiement de réseaux de chaleur alimentés par des sources renouvelables ou de chaleur fatale et appelant à un examen systématique de leurs opportunités d’implantation. Dans sa nouvelle Stratégie « Réseaux de chaleur et de froid », le Gouvernement wallon semble avoir pleinement pris conscience du rôle fondamental que les réseaux de chaleur et de froid pourraient jouer dans la décarbonation du secteur du chauffage et du refroidissement en Wallonie. EDORA en assurera naturellement un suivi attentif.

Intégration des renouvelables dans le bâtiment : EDORA a plaidé pour que les gouvernements régionaux adoptent des normes d’intégration des énergies renouvelables dans les bâtiments, non seulement en cas de construction neuve et de rénovation importante, mais également en cas de remplacement de système.

(Co-)Organisation d’évènements et présence importante dans la presse : en 2020, EDORA a été régulièrement présente dans la presse (tous médias confondus) avec 31 parutions. La fédération a également organisé différents évènements (virtuels) qui ont permis de rassembler plus de 400 personnes.

PERSPECTIVES 2021

En 2021, EDORA poursuivra son travail sur les thématiques importantes traitées en 2020 et veillera à ce que les principaux engagements politiques et demandes prioritaires d’EDORA soient traduites en mesures concrètes. EDORA assurera un suivi continu des actions gouvernementales à cet égard en n’hésitant pas à durcir le ton quand cela s’avèrera nécessaire et à responsabiliser les ministres via des interpellations parlementaires régulières. EDORA veillera également à accroître encore son expertise dans certains dossiers cruciaux, afin de présenter une vision de plus en plus concrète et intégrée du paysage énergétique de demain (ex. : potentiel de flexibilité belge, potentialités en particulier en hydrogène vert, en virtual power plants, performance énergétique des bâtiments, dispositif de tarification carbone le plus adapté à la Belgique,…). Les défis seront importants avec, notamment, les éléments de contexte suivants :

  • Législature devant mettre en œuvre concrètement la sortie du nucléaire prévue par la loi (fermeture des premiers réacteurs).
  • Déconfinement suite à la crise sanitaire Covid-19 avec les enseignements à tirer de cette crise pour le secteur de l’énergie.
  • Processus de révision du niveau d’ambition du Plan Air Climat Energie 2030 (PACE2030) wallon.
  • Mise en œuvre de l’adaptation des mécanismes de soutien aux renouvelables et du CRM.
  • Poursuite et opérationnalisation des réflexions en cours sur la tarification carbone.
  • Lancement d’un processus de Pax Eolienica II.
  • Mise en œuvre du cadre législatif « communautés d’énergie renouvelable ».
  • Processus de consultation pour la période tarifaire post-2023, afin que le modèle tarifaire accélère le développement de la transition énergétique.

EDORA veillera en 2021 à approfondir de nouveaux dossiers importants tout en s’appuyant sur les spécificités de notre fédération (filières renouvelables et stabilité du cadre d’investissement), à augmenter encore l’impact médiatique de la fédération et à asseoir un peu plus le statut d’interlocuteur incontournable représentant le secteur de la transition énergétique acquis par EDORA.